lundi 15 octobre 2018
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Savoir se soigner seul en mer

Fabrice Amedeo a 39 ans, il a été journaliste au Figaro pendant 12 ans essentiellement à la rubrique économique. « Je fais de la voile depuis que je suis enfant. C’est bien d’avoir une passion mais c’est encore mieux d’en faire son métier. J’ai quitté le Figaro en 2015 pour faire le Vendée Globe ! ».

En mer, nous sommes seuls

Pour prendre le départ de courses au large comme la route du Rhum, les navigateurs doivent suivre une formation et obtenir un brevet qui certifie que la formation a bien été suivie et qu’ils sont aptes à faire face et dialoguer avec les médecins dans certaines situations. « Le 21ème siècle s’arrête aux portes de la course au grand large ; en mer, nous devons nous débrouiller, nous devons savoir appeler un médecin quand c’est nécessaire. Même si le médecin est très compétent, il y a des moments où on est seul avec sa blessure, il faut avoir la force mentale de l’affronter quand il y a du sang, par exemple. Je me suis luxé l’épaule, j’ai dû la remettre en place tout seul, ce n’était pas un super moment ! »

Il faut savoir être autonome

Quand on est loin des côtes comme lors du Vendée Globe, dans le Pacifique Sud, à 4 000 km de toute terre, hors de portée des secours aériens, il faut savoir être autonome, se débrouiller tout seul.  « Avant la course, j’avais suivi une formation médicale de deux jours avec des médecins urgentistes. Nous avons appris des choses basiques, rudimentaires : comment se recoudre, comment se poser des agrafes ou réduire une facture, de quels médicaments se compose notre trousse à pharmacie. Si nous avons un problème en mer, nous appelons le médecin de course, disponible 24h sur 24 pendant 3 mois, qui va ainsi pouvoir nous guider. La trousse à pharmacie est parfaitement organisée pour des gens qui n’y connaissent rien ! Tout est rangé dans différentes trousses par couleur selon les thématiques. On explique au médecin ce qui nous arrive, il émet un diagnostic, puis nous guide sur quoi prendre dans quelle trousse et comment faire. Même si nous sommes très assistés, nous sommes malgré tout seuls et il faut savoir gérer ce genre de situation ».

Le Vendée Globe s’est bien passé pour Fabrice Amedéo qui a terminé 11ème sur 29 au départ. « Je ne me suis pas blessé et n’ai pratiquement pas appelé le médecin. Je me suis fait quelques frayeurs sur la fin de course car j’avais prévu 95 jours de nourriture et j’ai mis 103 jours pour franchir la ligne d’arrivée. Donc sur les 3 dernières semaines, j’étais à 1 500 calories journalières, là où il m’en fallait 3 500 minimum. La vigilance était de mise, le médecin m’a appelé tous les jours pour faire le point sur mon état et notamment sur ma fatigue ».

Itw réalisée lors du Big Bang Santé du Figaro 2017 dont l'Observatoire de l'Information Santé est partenaire.

En savoir plus : http://bigbang.lefigaro.fr/