mercredi 12 décembre 2018
Santé publique

Crises sanitaires, repenser l’information

"L’information santé dans les médias grand public est un sujet absolument majeur qui permet au public et aux patients de mieux comprendre la médecine bien que le message essentiel ne soit jamais transmis : l'humain est un organisme vivant qui se guérit souvent tout seul avec un peu d’attente et de confiance en soi et en ses capacités. Or les messages portent principalement sur les traitements et les innovations. « Il faut toujours être actif »".

Les patients sont mieux informés
"C'est évident les patients sont mieux informés ! On le voit en consultation, il est rarissime qu'un patient un peu inquiet ne réponde pas par l’affirmative lorsqu’on lui demande s’il a fait une recherche sur Internet. Cela change complètement l'approche que nous allons avoir avec lui, nous allons pouvoir lui demander ce qu'il a compris, c'est plus enrichissant que d'avoir un patient en attente des déclarations du médecin."

Un regard critique
"Internet n’a pas augmenté le nombre de patients hypocondriaques. Autrefois, les hypocondriaques regardaient dans le dictionnaire des maladies, aujourd'hui ils consultent sur Internet, cela va beaucoup plus vite, mais en même temps, ils savent qu'il faut avoir un regard critique et qu’utiliser le médecin pour ce regard critique est intéressant."

Un patient parfois mieux informé que le médecin
"Bien sûr, il arrive que les patients soient mieux informés que nous sur certains sujets comme une maladie rare ou une maladie orpheline. Un patient vraiment documenté sur sa pathologie est souvent mieux informé que le médecin traitant, parfois même que le médecin spécialiste, même si c'est plus rare. Mais nous aussi, les médecins, nous consultons Internet et disposons d'outils pour nous informer plus rapidement, c'est un grand progrès.

Envoyer un sms ou un mail à l'ensemble des médecins
"Mieux diffuser l’information aux professionnels de santé lors de crises sanitaires L'organisation de l'information aux médecins lors de crises sanitaires est à pleurer quand on sait les moyens dont nous pourrions disposer pour diffuser une information efficace. Il faudrait que l'état soit capable d'envoyer un sms ou un mail à l'ensemble des médecins qui auraient au préalable donné leur autorisation. Un système pourrait être mis en place en passant, par exemple, par les unions."

Interview réalisée par Stéphanie Chevrel, vice-présidente, lors des Matinales de la FNIM, Fédération Nationale de l’Information Médicale.