samedi 23 juin 2018
Conférences

Sciences, Médecine et Médias, une dérive passée au crible

Devant un parterre de pharmaciens hospitaliers, représentants d'ARS et responsables hospitaliers, Stéphanie Chevrel, fondateur de l'Observatoire de l'Information Santé et DG de l'agence RP santé, Capital Image, analyse, en Keynote Speaker, lors d'une journée consacrée à l'économie de la santé, les pratiques actuelles du journalisme, liées à l'avènement des nouvelles technologies, ainsi que les dérives médiatiques qui peuvent en découler.

L'information instantanée et en flux continu ne permet plus toujours la vérification des sources et la prise de recul nécessaire pour fournir une information fiable et de qualité. Le journaliste doit redoubler de vigilance sur ces sources s"'il veut rester le garant d'une information santé authentique et vérifiée", insiste Stéphanie Chevrel.

"De plus, le journaliste n’est plus le seul pourvoyeur d’informations, tout le monde peut aujourd’hui diffuser de l’information. Lors des feux en Californie, ce n’est pas le journaliste qui est sur place, mais ce sont les voisins qui vont transmettre aux médias les premières photos. Aux médias de vérifier que cette photo est bien authentique. Chaque propriétaire de smartphone, 80% des Français, donc quasiment chacun d’entre nous, est devenu lui-même un média avec cette faculté de diffuser, partager, (parfois sans même lire l’information partagée), mais aussi de reformuler, réinterpréter, voire de tronquer le message initial.

Enfin, les journalistes sont noyés sous un torrent d’informations et dans cette course pour être le premier à publier, le temps pour la traiter se réduit à néant. C’est comme cela que se propage comme une trainée de poudre la diffusion de fausses nouvelles qui peuvent soit être inventées de toutes pièces (dans l’objet de se faire remarquer, ou plus grave, de nuire), soit être publiées de façon erronées ou incomplètes, c’est ce qu’on appelle une dérive médiatique.

Or ces dérives médiatiques, lorsqu’elles concernent la santé publique, au-delà de créer la confusion dans l’opinion peuvent avoir de graves conséquences : pour les citoyens, les orientations des politiques de santé et pour tous les émetteurs d’information : discrédit, défiance… qui se traduit par de terribles chiffres : moins d’un français sur 3 fait totalement confiance à l’information diffusée par les médias."